Une nouvelle polémique sur l’éthique de l’escalade

Comme nous en avons déjà plusieurs fois parlé sur ce site, la position de Mountain Wilderness sur l’escalade traditionnelle est évidement au respect de la nature et de l’authenticité de l’exploit sportif. En effet, le réel exploit sportif est celui où on ne laisse pas de trace derrière soi et on vit son aventure en parfaite harmonie avec la nature en lui rendant ses droits après notre exploit.

Déséquipement de la plus haute via-ferata du monde

Si vous vous intéresséz un peu à l’histoire de l’escalade dans le monde, vous avez peut-être déjà suivi l’histoire du Cerro Torre en Patagonie. C’est une histoire qui vaut le détour car parsemée d’expéditions glorieuses, d’échecs et de polémiques. Pour en avoir un aperçu plus précis, je vous invite à découvrir cette histoire sur wikipedia.

Parmi les différents anecdotes de l’histoire, Meastri, un des grands alpinistes qui a gravé son nom dans l’histoire Cerro Torre (avec de l’encre indélébile) en équipant une voie à l’aide d’un compresseur à pitons en haut du Cerro Torré pour parvenir au sommet. On est typiquement face à une situation où l’homme à voulu vaincre la montagne à tout prix, quitte à y mettre les gros moyens. C’est pourquoi, depuis l’ouverture de cette voie où on trouve sur les dernières longueurs un piton tous les mètres, a été surnommée « la plus haute via ferata du monde ».

En ce début d’année, Rolando Garibotti et Colin Haley sont les premiers à avoir sorti la voie « compressor » totalement en libre. C’est une belle prouesse sportive de leur part. Mais en tant que défenseurs de l’escalade « by fair means » et de par leur légitimité en tant que « libérateur » de cette fameuse voie mythique ouverte par Maestri, ils ont décidé de déséquiper la voie afin de rendre à la voie sa pureté originelle. Ceci, tout en laissant le compresseur de Maestri (qui se trouve toujours pendu à un relais en haut du Cerro Torre) pour ne pas toucher aux vestiges historiques du passé qui sont un témoignage historique pour les grimpeurs.

Cependant, plutôt que d’être accueillis comme des vainqueurs à leur arrivée au village pour leurs deux prouesses :

  • La libération de la voie Maestri
  • Le déséquipement de cette voie sur-équipée

C’est la police qui les attendais en bas en les accusant d’avoir porté atteinte à un patrimoine historique du Cerro Torre.

Mountain Wilderness s’insurge contre cette mesure. En effet, Mountain Wilderness se positionne comme supporter de toute initiative du genre, surtout dans un contexte pareil au Cerro Torre où nous sommes face à une montagne encore sauvage et vierge. Il est dommage d’y laisser la trace de l’homme d’une part, et de forcer les futurs grimpeurs de cette voie à se trouver face à ces pitons mis en place. Pour une escalade authentique et pour laisser la liberté au grimpeur, il est essentiel de lui laisser la liberté de son itinéraire.

Pour en savoir plus sur la polémique qui fait rage sur internet, je vous invite à lire l’article publié sur Kairn.com et qui retrace toute l’histoire depuis l’ouverture de la voie par Maestri :

EDIT : voici un article avec la prise de position d’Arnaud Petit sur la question qui mérite le détour : De la difficulté d’être en avance sur son temps